Káí Kicabli est un espace d'archive numérique retraçant les interconnexions familiales, culturelles et linguistiques du peuple Vútè du Cameroun et sa diaspora. Cette initiative est mise en place dans un but de recherche, d'archive et d'éducation conçu par et pour le peuple vútè aussi connu sous le nom de wute ou Babouté.
Cet espace est ouvert à toute personne, association, organisme qui souhaite collaborer afin d’en faire une véritable « bibliothèque numérique ».
Pour écrire, modifier et participer à la construction de cet espace il vous suffit de créer un compte ou nous contacter au mail vitib@proton.me. Nous privilégions des collaborations et des participations de personnes vútès, mais sommes ouvert·es à toutes personnes détentrices d'un savoir allant dans le sens de cette recherche.
Le projet Káí Kicabli, géré par l’association ii-média est une initiative culturelle camerounaise. L’objectif de ce regroupement est d’archiver numériquement des savoirs culturels, linguistiques et historiques liés à l’histoire « vuté » du Cameroun, d’Afrique et sa diaposra. Motivée par des valeurs décoloniales, cette initiative tente de s’autonomiser à travers la création de ce wiki. Cet exemple pourra s’étendre à d’autres ethnies camerounaises et ses diasporas.
Káí Kicabli est un projet porté par le groupe “íígraph. La première mission a été réalisé par l'équipe Túúŋ Taàm :
Ce projet se poursuit par les efforts des Membres du groupe ii-graph
Webdesign et coding : Mbaah Laurent Simba
Nombre de pages : 342
Modifié le 31 January 2026 - 18:59
«Ce ne sont pas des pas de danse, mais des pas de guerre… Le bras gauche symbolise le port du bouclier et le bras droit la lance…»
Le NGANE est une danse guerrière et spéciale du grand peuple Vùté. Elle est réservée aux guerriers, hommes robustes, forts, courageux et pour qui le mot «mort » avait perdu tout son sens. Les tambours de guerre «DJING DJÉNÉ» qui accompagnent les guerriers ont pour objectif de les galvaniser, de booster le moral des troupes mais surtout de stimuler leurs hormones belliqueuses.
La conception et la fabrication de ces tambours sont réservées à des hommes initiés (« TÔCK »). EN effet, la sélection des matériaux (arbres, peaux d’animaux et autres écorces) relève du pur mystère de ce peuple guerrier venu de l’Egypte antique. Le son de ces tambours est destiné de donner de la trouille aux adversaires les plus coriaces. Une peur bleue qui jadis dressait les cheveux des victimes des razzias de ces guerriers presque toujours insatiables. Le son du tambour à la fin d’une bataille signifie LA VICTOIRE…
C’est au cours de la danse du NGÁNÈ que chaque guerrier avait l’occasion de vanter ses mérites et exploits de guerre. Chacun était acclamé par des youyous des femmes envieuses et de cris stridents d’appel par leur nom de guerre (« MEÛ SEÛ »). Le point culminent de la cérémonie intervenait lorsqu’en dernier ressort, le Chef du village se levait pour esquisser des pas de danse, pardon de guerre. Ce ne sont pas des pas de danse, mais des pas de guerre. Trois tambours vibrent et émettent des sons variables avec des significations précises et parfaitement intelligibles par les initiés : « NGRANG ! NGRANG YA !? NGRANG NDOUBA NDÒNG DADOUNGOU MVEÌNG ! »
C’est au cours de cette danse spéciale que des jeunes hommes et femmes (qui faisaient également partie des combats), s’entrainaient au maniement des armes : lances, javelots, boucliers, arcs, flèches et parfois des armes à feu.
Bien qu’initialement réservée aux principautés guerrières Vùté, le NGÁNÈ est dansé de nos jours lors de l’intronisation des Chefs Vùté et lors des grandes cérémonies engageant la vie de tout village ou de la communauté. C’est l’occasion de rappeler à tous les Vùté que valaient leurs ancêtres. Il faut retenir que le bras gauche symbolise le port du bouclier et le bras droit la lance. Une danse au pas bien rythmée démontrant la parade d’une lance, d’une flèche avec le bouclier, l’anéantissement de son ennemi et le parachèvement avec une lance ou une arme à feu. Le NGÁNÈ se danse également lorsqu’on le village ou la communauté accueille et veut honorer hôte de marque.
Le GÁNÈ est un grade ou un titre de guerre. En effet, le grand peuple Vùté était très bien organisé sur le plan politique, social et militaire. Ainsi, le GÁNÈ était à la tête de la troupe lors de la guerre. Il avance et ne recule jamais, il défend et sauve le peuple. Par analogie, on peut lui donner le titre de General ou de Chef d’Etat-major.
Dans un bataillon de guerrier Vùté, après le GÁNÈ venait l’aile dure constituée des lieutenants qu’étaient les TADJORO, porteurs d’armes. Tout comme GÁNÈ, TADJORO est une distinction honorifique de guerre qui matérialise la bravoure des détenteurs de ce titre. En souvenir de ces grands mérites ces noms se sont très vite répandus et continuent d’exister dans les communautés Vùté.
On se rappelle qu’il y a quelques années, le Chef de Yoko a porté à la dignité de GÁNÈ l’illustre élite Vùté, SE M. René Emmanuel SADI...
L’ère des guerres et des razzias est révolue. Il ne reste plus qu’au grand peuple Vùté de raviver l’unité de ses filles et de ses fils afin de remporter la guerre du DEVELOPPEMENT. Et vous, si on vous demandait d’avoir son nom de guerre, ce serait lequel ?
*Sources :